Au millimètre près

Il paraît que le style est dans les détails. Mais est-ce un détail que de choisir une veste à la bonne taille, avec l'épaule qui convient et la longueur de manches parfaite ? Est-ce un détail, aussi, de privilégier un pantalon mesurant 18 cm de large à la cheville à un autre de 22 cm ? Avant d'être dans les détails, le style est évidemment dans l'essentiel. Autant dire dans la coupe.

Pour bien s'habiller, il faut comprendre son corps. Ses qualités. Ses faiblesses. Ses asymétries. Une épaule plus haute que l'autre, peut-être. Ou, qui sait, un mollet plus musclé que son alter ego ? Les footballeurs du dimanche savent de quoi l'on parle. Et puis, il faut accepter tout ça. Ce n'est pas forcément le plus simple. En boutique, les plus enrobés se dirigeront souvent vers une veste trop étroite aux épaules ou trop serrée à l'estomac. Les plus gringalets feront, eux, l'inverse. Et pour peu qu'ils soient mal accompagnés, mal conseillés ou mal lunés, ils finiront par acheter cette pièce qui ne leur va pas et ne fait, au fond, que renforcer leurs complexes... Alors qu'il est si simple de choisir la bonne taille et la  belle coupe.

En boutique, il faut enfiler une veste et vivre un peu avec. Tendre les bras. Ramasser un objet. S'asseoir et se pencher en avant, comme si on était installé à son bureau. Le vendeur s'offusquera peut-être, mais on ne peut essayer une veste simplement en posant, immobile, devant un miroir.

La bonne veste doit épouser les épaules, sans les contredire, ses manches doivent s'arrêter 1 ou 2 cm avant les poignets de la chemise (3 cm si vous optez pour des poignets mousquetaires, qui nécessiteront des boutons de manchettes) ; sa longueur doit couvrir les fesses, sans les faire disparaître totalement.

La bonne veste doit dessiner une silhouette, sans l'empêcher de bouger. Le test des lacets est le meilleur en la matière. Essayez de faire vos lacets avec la veste que vous convoitez. Si c'est impossible, que vous n'arrivez pas à vous baisser, la veste est trop petite. Si c'est aisé, si vous ne sentez rien, alors elle est trop grande. L'idéal est évidemment l'entre-deux.

 

 

Après avoir ainsi étudié la carrure, il faudra se poser la question du cintrage. Parvenez-vous aisément à fermer les boutons ? La veste tire-t-elle, quand elle est fermée ? Vous sentez-vous à l'aise ? Une veste boutonnée ne doit pas tirer. Elle doit pincer la taille sans l'étrangler. La question est particulièrement cruciale sur les costumes de ville, de travail ou de cérémonie. Car ceux-ci imposent de garder sa veste fermée, sauf lorsque l'on s'assoit...

Une veste de détente, souple, non doublée, à porter avec un chino ou un jean, tolérera plus facilement d'être laissée ouverte. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour prendre une veste trop petite et impossible à boutonner. Soyez raisonnable. Et regardez les fentes arrière de votre veste. Elles sont susceptibles de s'ouvrir lorsque vous vous asseyez, mais elles doivent rester closes lorsque vous êtes debout. C'est la règle.

En matière de coupe et de taille, tout est toujours une question de raison, d'équilibre, d'arbitrage. La frontière entre cintrée et serrée est mince, mais cruciale. Il faut apprendre à l'identifier. Cela demande du temps, de l'observation, mais surtout du bon sens. Si vous achetez une chemise pour le travail, que vous porterez en permanence avec une cravate, avez-vous envie que le col vous étrangle lorsque vous le boutonnez ? Au contrainte, si c'est une chemise du week-end que vous convoitez, pourquoi même se soucier de fermer le col ? Concentrez-vous sur les épaules et le cintrage.

 

 

En matière de pantalon, c'est, là encore, l'équilibre qui importe. L'élégance et la tendance sont évidemment à l'étroitesse. C'est une bonne nouvelle. À condition de ne pas confondre un pantalon étroit et un pantalon étriqué. Le premier est agréable à regarder et à porter. Le second n'est ni l'un ni l'autre. Ajustés, mais confortables, les pantalons De Fursac peuvent être rallongés ou raccourcis en fonction de votre longueur de jambes et de vos goûts.

Certains hommes aiment que leurs pantalons soient courts et dévoilent leur malléole. Là est la tendance. Et pourquoi pas ? Ces pantalons, étroits et un peu « feu de plancher », font souvent une belle silhouette. Mais beaucoup d'hommes ne tiennent pas particulièrement à dévoiler leurs chevilles. Leur pantalon devra donc casser (une fois, pas plus) sur leurs souliers. Tout ça est une question (subjective) de style. Et d'environnement... Car l'allure « feu de plancher » marche bien mieux avec des chaussures imposantes et à bout rond qu'avec des chaussures fines et pointues.

La question des proportions, justement, est cruciale.

Dans une tenue, tout doit être proportionné, unifié, cohérent. Avec une veste à revers étroits, il faut une chemise à col étroit, une cravate étroite, un pantalon étroit. Un ventre étroit, aussi. Avec une veste à revers plus larges, c'est bien sûr l'inverse. Tout peut prendre de l'ampleur. Même la hauteur du revers du pantalon peut monter. Même le ventre peut gonfler.

Si vous parvenez à harmoniser tout cela, l'essentiel sera fait. Vous pourrez enfin passer aux fameux détails.

Au nœud de cravate, le four in hand, le plus simple, pour les modèles les plus fins, ou le demi-windsor, pour les modèles plutôt larges. À cette pochette, qui pourra dessiner une simple ligne droite sur votre poitrine ou représenter un motif plus abstrait, plus souple et poétique, si vous vous sentez l'âme un peu artiste. À ces chaussettes, qui devront monter au mollet. Aux boutons de manchettes, à la montre, à la pince à cravate, peut-être...

Avec les accessoires, vous pourrez vous amuser. Vous aurez déjà gagné la partie. Et soulevé la coupe.

Billet de Marc Beaugé et François Blet.

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